La morve est une zoonose rare due à Burkholderia mallei, touchant principalement les équidés et pouvant infecter l’être humain après exposition professionnelle ou de laboratoire. Elle peut provoquer fièvre, pneumonie, lésions cutanées ou infection disséminée. Ce n’est pas une maladie courante et toute suspicion nécessite une expertise infectiologique rapide.
La morve est une maladie infectieuse bactérienne rare, mais extrêmement contagieuse et potentiellement mortelle, qui touche surtout les équidés, c’est-à-dire les animaux à sabot unique comme le cheval, le mulet et l’âne. Son agent est une bactérie à Gram négatif appelée Burkholderia mallei. Transmissible de l’animal à l’homme, la morve est une zoonose. Bien qu’elle soit très rare chez l’être humain, les vétérinaires, les éleveurs de chevaux et le personnel de laboratoire en contact étroit avec des animaux infectés sont particulièrement exposés. La morve peut se transmettre par voie respiratoire, cutanée ou digestive. Chez les animaux infectés, elle se manifeste généralement par une forte fièvre, un écoulement nasal, des infections pulmonaires et des plaies cutanées. Chez l’homme, elle peut de la même façon entraîner un tableau grave touchant les poumons, la peau et le système lymphatique. La maladie évoluant rapidement, le diagnostic précoce et les mesures de quarantaine sont d’une importance capitale.
Qu’est-ce que la morve ?
Causée par la bactérie Burkholderia mallei, la morve est une maladie animale contagieuse qui peut évoluer sur un mode aigu ou chronique. Elle s’observe principalement chez le cheval et les animaux apparentés, mais peut se transmettre à l’homme lorsque les conditions s’y prêtent. Le risque de propagation augmente dans les communautés agricoles et d’élevage, en particulier lorsque les conditions d’hygiène sont insuffisantes.
Cette infection bactérienne peut se propager rapidement par les voies respiratoires et par la peau. Elle peut passer à d’autres animaux ou à l’homme par l’intermédiaire des écoulements nasaux des animaux infectés, de plaies purulentes ou d’équipements contaminés. Une fois dans l’organisme, la bactérie s’installe dans le système lymphatique, les poumons ou le tissu sous-cutané et provoque rapidement une infection. Elle peut avoir une évolution mortelle, notamment chez les personnes immunodéprimées et en cas de contact intense.
Quels sont les symptômes de la morve ?
Chez les animaux ou les personnes infectés, les symptômes apparaissent généralement rapidement et peuvent s’aggraver vite. Une fois dans l’organisme, la maladie touche en particulier les voies respiratoires, la peau, le système lymphatique et les organes internes. Au début, on observe des signes généraux d’infection comme une forte fièvre et une fatigue ; aux stades plus avancés peuvent apparaître des écoulements purulents autour du nez et de la bouche, des plaies ulcérées de la peau et des troubles respiratoires liés à l’atteinte pulmonaire.
Chez le cheval, la morve se manifeste notamment par des nodules et des ulcères des muqueuses du nez et de la face. Avec le temps, ces ulcères provoquent un écoulement purulent. L’épaississement des vaisseaux lymphatiques et les abcès sous-cutanés sont également des signes caractéristiques de la maladie. Chez l’homme, lorsque l’infection est contractée par la peau, elle débute généralement par des gonflements localisés et des abcès, puis peut se propager. Lorsqu’elle est contractée par voie respiratoire, elle peut entraîner un tableau systémique d’extension rapide et potentiellement mortel. Les symptômes pouvant être confondus avec ceux d’autres infections bactériennes, un diagnostic non étayé par des examens de laboratoire peut être insuffisant.
Les principaux symptômes de la morve sont les suivants :
- Forte fièvre et fatigue soudaine : fréquentes aux premiers stades de l’infection.
- Écoulement purulent autour du nez et de la bouche : en particulier chez le cheval, plaies croûteuses autour des naseaux.
- Épaississement des vaisseaux lymphatiques : généralement visible au niveau des membres et du cou.
- Plaies ulcérées et nodules cutanés : des abcès peuvent se former dans le tissu sous-cutané.
- Gêne respiratoire et toux : en cas d’atteinte pulmonaire, des troubles respiratoires sévères peuvent être observés.
- Tableau de type pneumonie : il peut se développer aux stades avancés avec la propagation de la bactérie dans les poumons.
- Douleurs musculaires, maux de tête et frissons : ils peuvent accompagner les réactions systémiques chez l’homme.
- Gonflement et inflammation autour des yeux : une atteinte oculaire est possible, bien que rare.
- Augmentation de volume des ganglions lymphatiques : gonflement des ganglions lié à la lutte de l’organisme contre l’infection.
- Septicémie (empoisonnement du sang) : en l’absence de traitement, la bactérie peut passer dans le sang et avoir des conséquences mortelles.
Quelles sont les formes de la morve ?
La morve se divise en plusieurs sous-types selon le tissu où l’infection s’installe et selon son évolution. La maladie se présente principalement sous trois formes : la morve nasale, la morve cutanée et la morve pulmonaire. Chacune se manifeste par des signes cliniques différents. Par ailleurs, l’évolution de la maladie peut être aiguë ou chronique. La forme aiguë évolue de façon rapide et sévère, tandis que la forme chronique progresse plus lentement et peut entraîner à long terme des lésions d’organes.
Les formes de morve observées chez l’animal et chez l’homme sont généralement similaires, mais la sévérité des symptômes et la vitesse de propagation peuvent varier d’une forme à l’autre. La plus dangereuse est la forme transmise par voie respiratoire, qui devient rapidement systémique. Dans cette forme, la maladie pouvant devenir mortelle en quelques jours, le diagnostic précoce est d’une importance capitale. La maladie peut être beaucoup plus sévère, en particulier chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli.
Les signes de la morve nasale (forme nasale) sont les suivants :
- Ulcères et écoulement dans les cavités nasales
- Plaies et fissures des ailes du nez
- Écoulement nasal sanglant dû aux lésions de la muqueuse
Les signes de la morve cutanée (forme dermique) sont les suivants :
- Nodules, ulcères et plaies purulentes de la peau
- Épaississements en forme de cordon le long des vaisseaux lymphatiques
- Abcès sous-cutanés et augmentation de volume des ganglions lymphatiques
La morve pulmonaire (forme pulmonaire) se manifeste de la manière suivante :
- Toux, essoufflement, douleur thoracique
- Infiltrats de type pneumonie
- Insuffisance respiratoire et inflammation pulmonaire d’évolution rapide
Dans la morve aiguë, on observe une forte fièvre d’apparition brutale, des frissons, des douleurs musculaires et un tableau systémique qui se propage rapidement. Cette forme peut être mortelle. La morve chronique, quant à elle, se manifeste par des symptômes plus légers mais prolongés. On peut observer des nodules sous-cutanés, des foyers infectieux récidivants et un cycle alternant améliorations et poussées.
Comment pose-t-on le diagnostic de morve ?
Le diagnostic de morve repose sur l’évaluation conjointe des signes cliniques, de l’anamnèse et des examens de laboratoire. Chez les équidés (cheval, âne, mulet), les symptômes respiratoires, les ulcères cutanés et les écoulements nasaux font suspecter la morve. Le diagnostic de certitude repose toutefois sur la culture microbiologique, les tests sérologiques et les méthodes de diagnostic moléculaire réalisés en laboratoire. Chez l’homme, ce sont généralement la fièvre, les lésions cutanées et les signes d’infection systémique apparus après un contact avec un animal infecté qui attirent l’attention.
La bactérie Burkholderia mallei, agent de la maladie, peut être isolée à partir d’échantillons prélevés sur les tissus infectés ou dans l’écoulement nasal. Des méthodes comme la culture et la PCR (réaction en chaîne par polymérase) permettent de détecter directement l’ADN de la bactérie. Par ailleurs, des tests intradermiques (test à la malléine) sont utilisés chez l’animal à des fins de dépistage. Ces examens, qui nécessitent des conditions de laboratoire avancées, doivent être réalisés dans des centres à haut niveau de biosécurité en raison du caractère zoonotique (transmissible de l’animal à l’homme) de la maladie.
Les principales méthodes utilisées pour le diagnostic de la morve sont les suivantes :
- Examen clinique et observation des symptômes
- Culture bactérienne à partir d’échantillons nasaux, de lésions cutanées ou d’expectorations
- Détection du matériel génétique de Burkholderia mallei par test PCR
- Tests sérologiques (ELISA, tests d’agglutination)
- Test à la malléine chez l’animal (mesure d’une réaction allergique)
- Présence de lésions typiques visibles à l’œil nu, semblables à l’anneau de Kayser-Fleischer
- Données d’autopsie (examen des lésions des organes internes en cas de mort de l’animal)
Quels sont les traitements de la morve ?
Le traitement de la maladie associe médicaments, traitements de soutien et mesures d’isolement. Dans les cas graves, un traitement par voie intraveineuse est administré. L’isolement des patients à l’hôpital, l’application de mesures de protection par le personnel soignant et le dépistage des personnes contacts sont d’une grande importance. Les principales approches thérapeutiques de la morve sont les suivantes :
- Un traitement médicamenteux prolongé et à forte dose peut être nécessaire
- Des associations sont privilégiées pour éviter l’apparition d’une résistance de la bactérie
- Il peut être nécessaire en cas d’atteinte pulmonaire sévère ou de septicémie
- Le drainage de gros abcès ou le nettoyage des tissus nécrosés peut être nécessaire
Comment prévenir la morve ?
Le moyen le plus efficace de prévenir la morve est d’appliquer rigoureusement les mesures de biosécurité qui empêchent la propagation de la maladie. Le diagnostic précoce et l’isolement des animaux infectés, la mise en œuvre de programmes de dépistage et la sensibilisation à la maladie sont les piliers de la prévention. Les personnes travaillant dans les élevages de chevaux, les vétérinaires, les soigneurs d’animaux et le personnel des laboratoires de recherche font partie des groupes à haut risque et doivent impérativement utiliser un équipement de protection individuelle.
Dans les régions qui importent des animaux, les tests de dépistage de la morve devraient être rendus obligatoires. En outre, le matériel ayant été en contact avec des animaux malades doit être désinfecté et les exploitations doivent faire l’objet de contrôles sanitaires réguliers. Pour prévenir l’infection chez l’homme, le lavage des mains, la protection des plaies ouvertes et le port de gants et de masque lors du contact avec les animaux sont importants. Les principales mesures permettant de prévenir la morve sont les suivantes :
- Diagnostic rapide et isolement des animaux infectés
- Utilisation d’un équipement de protection individuelle lors des contacts entre animaux et entre l’animal et l’homme
- Restriction des déplacements d’animaux dans les zones où la maladie est apparue
- Contrôle régulier des animaux au moyen de tests de dépistage
- Maintien de l’hygiène dans les zones d’élevage et désinfection du matériel
- Contrôle strict des certificats sanitaires lors de l’importation d’animaux
- Formation du personnel de santé, des vétérinaires et du personnel de laboratoire
Médecins en « Maladies infectieuses » à Anadolu
Questions fréquentes
Qu’est-ce que morve (glanders) ?
La morve est une zoonose rare due à Burkholderia mallei, touchant principalement les équidés et pouvant infecter l’être humain après exposition professionnelle ou de laboratoire. Elle peut provoquer fièvre, pneumonie, lésions cutanées ou infection disséminée. Ce n’est pas une maladie courante et toute suspicion nécessite une expertise infectiologique rapide.
Quels symptômes ou signes doivent être surveillés ?
Les manifestations dépendent de la cause, de la localisation et de la sévérité. La transmission à l’humain survient surtout par contact avec des animaux infectés ou des cultures de laboratoire. Un symptôme isolé ne suffit généralement pas à poser un diagnostic ; son évolution et les signes associés comptent aussi.
Comment le diagnostic est-il confirmé ?
Le diagnostic commence par l’interrogatoire et l’examen clinique. Selon le problème, des analyses, une imagerie ou des tests spécialisés peuvent être nécessaires. Le choix des examens dépend du contexte individuel et ne doit pas être remplacé par un auto-diagnostic.
Quand faut-il consulter rapidement ?
Une personne exposée professionnellement à un animal ou échantillon suspect et présentant fièvre, lésions cutanées ou symptômes respiratoires doit contacter rapidement les services médicaux et signaler explicitement l’exposition.
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation, un diagnostic ou un traitement prescrit par un médecin. En cas de symptômes, consultez un professionnel de santé qualifié.
